Je suis...
Je suis comme un enfant, Dans l'âme Une pluie d'écolier Dans la littérature de l'automne Je pars au devant des fumées Le cabas lourd du passé Sur mes épaules de pâtre Mon poème cherche Sa route dans le labyrinthe Des voies masquées.
Ne faut-il pas...
Ne faut-il pas Cueillir en ce ciel Toute la promesse De ces étoiles clinquantes Ne faut-il pas A nos lampes exsangues Un peu de ce sel D'astres qui manque A nos poitrines exigües A nos coeurs étroits?
Jour tombé
L'épine couchée Du soleil rai Fil de braise Tenu entre la fin Du jour Et prémices de la nuit
Mot
Jeu de silence Le mot ne vient plus Sur le bruit des pages L'encre est aphone Ne trouve plus la ligne.
Chemin haut
L'oiseau s'abattait Presque en cendres Sur des collines en feu Il y avait la joie haute Des rives où des rumeurs D'eau secouaient l'air Baigneurs aux rivières Et notre chemin passait Plus haut comme une main Plongeant dans l'ombre Des bois
Terrasse
On aime la table où s'ouvrent Les conversations d'oiseaux Ils sont là à se cacher Dans l'ombre des feuillages Compagnons de soleil Sous le parasol des terrasses Nous consommons La vie de la terre Poignée de raisins frais Dans nos gorges chaudes
Illusion
Spoliatrice illusion De grand chemin A quel bout de l'histoire Prends-tu ta fin? Le ciel est encore A cette heure Marqué d'une empreinte De marbre clair La paroi crépusculaire Annihile les ferveurs du jour Comédie de la muette Pépite introuvable. L'azur...
Autour d'un feu
Nous laissions crépiter le feu Tout recroquevillés autour des flammes La chaleur nous venait aux yeux Léchait la peau, pénétrait l'âme (Mai 1988)